Edito

VOYAGEONS !

C’est dans cet Opéra-théâtre que nous allons une nouvelle fois accueillir un public de plus en plus nombreux et fidèle. Cette saison, à laquelle j’ai eu le plaisir de participer pour la première fois en tant que Présidente, sera riche de découvertes, surprises et émotions avec une offre généreuse d’une grande diversité artistique marquée par la 25e édition de notre Concours international de chant. Au sein d’un programme embrassant quatre siècles, nous serons en perpétuel mouvement autour de l’histoire de l’opéra et du voyage grâce à trois Grandes Voix – Béatrice Uria-Monzon, Sandrine Piau et Patrizia Ciofi – six opéras dont La Grande-Duchesse de Gérolstein d’Offenbach en coproduction avec Opéra Nomade et dans une mise en scène de Pierre Thirion-Vallet, des concerts, dont le traditionnel Concert de Noël en partenariat avec l’Orchestre d’Auvergne et un Concert américain impliquant les Conservatoires de Lyon et Clermont-Ferrand – belle première collaboration incarnant le rapprochement des deux régions Auvergne et Rhône-Alpes.

La jeunesse occupe une place importante dans notre saison depuis plusieurs années et elle s’intensifie. Approcher l’opéra, le faire découvrir, donner l’envie, tels sont nos objectifs avec un projet initié l’an dernier « Lyrique en quartier(s) » qui va s’amplifier en proposant de nombreuses manifestations dans les quartiers dits prioritaires de la ville.

Chers partenaires publics et privés, merci de votre fidélité et de votre soutien, et poursuivons cette belle aventure renouvelée chaque saison afin de satisfaire au mieux notre public.

« Le voyage apprend la tolérance. »
Benjamin Disraeli

ALORS, VOYAGEONS !


Arlette Desgeorges
Présidente du Centre lyrique

 
 

L’OPÉRA DU XXIe SIÈCLE

L’opéra à Clermont, c’est assurément l’affaire du Centre lyrique Clermont-Auvergne qui, depuis dix-huit ans, mène avec passion et brio une politique de reconquête de ce public. Cela passe évidemment par de beaux concerts : six opéras, dont deux de Mozart et d’Offenbach, des stars de l’art lyrique (Béatrice Uria-Monzon, Sandrine Piau, Patrizia Ciofi), des événements comme le Concours international de chant ou la Journée européenne de l’opéra, des conférences, des avant-scènes.

Mais aujourd’hui, une saison lyrique doit comporter bien d’autres volets, sans doute moins visibles, mais tout aussi déterminants pour redonner le goût de l’opéra au public. Je pense en particulier aux nombreuses actions de sensibilisation du jeune public. Invitations aux répétitions, rencontres avec les artistes, ateliers et séances scolaires, sensibilisation dans les quartiers, création d’un spectacle encadré par des professionnels, visites et ateliers en partenariat avec les grands musées de la région dont le MARQ.

Voilà juste pour l’aspect jeune public, qui me tient particulièrement à coeur. Mais j’aurais pu tout aussi bien féliciter le Centre lyrique pour son travail de recherche de mécènes ou en faveur des personnes défavorisées ou en situation de handicap. Pour conclure, je souhaiterais souligner l’exemplarité du Centre lyrique, ainsi que les nombreux partenaires soutenus par la Ville, qui participent à faire changer l’image de la culture. Une culture plus ouverte, plus ancrée dans notre vie quotidienne, plus en phase avec notre XXIe siècle.

Bonne saison lyrique à tous.


Olivier Bianchi
Maire de Clermont-Ferrand
Président de Clermont Communauté

 
 

VOYAGER C’EST VIVRE !

« UN HOMME VOYAGE POUR SENTIR ET POUR VIVRE. À MESURE QU’IL VOIT DU PAYS, C’EST LUI-MÊME QUI VAUT LA PEINE D’ÊTRE VU. IL SE FAIT CHAQUE JOUR PLUS RICHE DE CE QU’IL DÉCOUVRE. VOILÀ POURQUOI LE VOYAGE EST SI BEAU QUAND ON L’A DERRIÈRE SOI. »
André Suarès,

Le Voyage du Condottiere, 1932

C’est à un double voyage - autour du monde et au cœur de l’opéra - que les deux prochaines saisons lyriques vous invitent, avec au milieu de votre périple, le 25e Concours international de chant dédié à Vienne, capitale musicale au carrefour des cultures.

Nous allons parcourir la planète à la (re)découverte des richesses de ses différences, dans le foisonnement des voix et des styles musicaux. Une invitation à se taire, écouter et comprendre. Deux saisons suffiront-elles pour cette lecture du monde si complexe qui s’offre à nous ? Sans doute pas mais est-ce là le plus important ? Voyageons ensemble, acceptons de retourner vers l’essentiel et promettons-nous mille richesses : nous reviendrons sans doute plus complets, ayant su faire au moins une fois le tour de nous-même en allant vers les autres. Voilà un beau pari, découvrir de nouvelles terres en consentant à perdre de vue d’abord et longtemps tout rivage - comme l’a si justement écrit André Gide - laisser la curiosité jouer librement son rôle et finalement nous remettre sur le chemin de notre existence, au bout du compte seule « terra incognita » encore à explorer…

Larguons donc les amarres grâce à l’opéra, art total réunissant toutes les formes d’expression depuis 400 ans, sur les cinq continents, le passage de la voix parlée au chant s’imposant dès que les émotions submergent les cœurs. Amour, quête du bonheur, lutte pour le pouvoir, mort,… l’opéra est riche de sentiments exacerbés sublimés au fil des partitions et toujours actuels. Nous voyagerons grâce à lui et en son cœur car, s’il nous permettra d’interroger notre planète et notre temps, il nous offrira également l’occasion de nous retourner sur le sens de sa propre existence, son histoire et l’énigme de son pouvoir d’attraction toujours aussi vif. Révélé dans toutes ses dimensions, il nous dévoilera la pléiade de talents en quête de perfection nécessaire à son accomplissement ainsi que les Temples construits pour et autour de lui.

Parvenus au terme de cette première saison de voyages – en compagnie de Mozart, Offenbach, Purcell, Matalon, Uria-Monzon, Piau, Ciofi et tant d’autres artistes –, ivres de ces chants à plusieurs voix, nous nous surprendrons peut-être à rêver d’une humanité réconciliée avec elle-même.


Pierre Thirion-Vallet
Directeur du Centre lyrique